Il y a quelques semaines (voir billet du 25 mars 2008), nous vous présentions dans ce blog le très attendu index fracturaire de l'OMS (index FRAX), donnant au rhumatologue un outil précieux pour l’évaluation individuelle du risque de fracture. L’algorithme indique, pour un patient donné, sa probabilité à 10 ans de survenue d’une fracture ostéoporotique majeure et de la hanche, en fonction de certains facteurs de risque et de la valeur de la densité osseuse (mesurée au col fémoral). Il reste maintenant à définir, à partir de cet outil, les seuils pertinents pour l’intervention thérapeutique. C'est l'intérêt des essais médico-économiques qui aideront à définir un seuil de risque absolu à partir duquel il sera "justifié" de prescrire un traitement anti ostéoporotique.
Une récente étude nationale Nord-Américaine apporte un premier élément de réponse. Cette étude à utilisé le modèle de Markov pour établir le seuil de « rentabilité » d'un traitement anti-ostéoporotique, selon le risque fracturaire évalué sur 10 ans en tenant compte des recommandation de l'OMS. Les auteurs conclut qu'un traitement anti-ostéoporotique devient rentable lorsque les patients ont un risque fracturaire à 10 ans de fracture de la hanche de 3% ou plus. Il existe toutefois des variations en fonction de l'ethnie et du sexe qui ne permettent pas de retenir ces résultats comme universels.
Il est bon de rappeler qu'il faudra rester très vigilant sur la définition de ce seuil pertinent d'intervention thérapeutique... il ne faudrait pas non plus qu'il devienne une règlé sacrée pour les médecins des caisses de la Sécu afin de savoir si un traitement sera ou pas remboursé...
Tosteson AN, Melton LJ 3rd, Dawson-Hughes B, Baim S, Favus MJ, Khosla S, Lindsay RL; National Osteoporosis Foundation Guide Committee. Cost-effective osteoporosis treatment thresholds: the United States perspective. Osteoporos Int. 2008;19:437-47.
Mickaël